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La demande d’asile en baisse dans l’Union européenne, malgré des besoins de protection croissants à l’échelle internationale

Le niveau de la demande d'asile dans l'Union européenne est en baisse de 11% pour l'année 2018, avec 580 800 primo-demandeurs d'asile enregistrés dans l'ensemble des États membres. Certains États connaissent cependant des hausses significatives.

Selon le communiqué de l’agence européenne de statistiques , 580 845 personnes ont introduit une première demande de protection internationale dans les États membres de l’Union européenne. C’est moitié moins qu’en 2015, année où 1 255 600 primo-demandeurs d’asile avaient été enregistrés, et 11% de moins qu’en 2017 (654 610).

 

161 885 primo-demandeurs d’asile (28% du total) ont été enregistrés en Allemagne qui est encore l’État membre qui a reçu le plus de demandes d’asile. La France est en deuxième position avec 19% des demandes d’asile en 2018 (soit 110 485), suivie par la Grèce (64 965 soit 11%), l’Espagne (52 730, soit 9%), l’Italie (49 165, soit 8%) et le Royaume Uni (37 290 soit 6%).

 

La baisse constatée à l’échelle européenne est notamment due à une diminution de la demande d’asile dans plusieurs pays où le niveau de demande est habituellement élevé. L’Italie connaît ainsi une baisse de 61% en 2018. En Allemagne, une baisse de 18% est constatée. En Hongrie, deuxième pays européen en 2015 avec plus de 177 000 premières demandes d’asile, seules 635 premières demandes ont été enregistrées en 2018 (-80% par rapport à 2017).

 

La tendance est au contraire à la hausse dans plusieurs États ayant enregistré plus de 10 000 demandes, notamment en Espagne (+60%), en Belgique (+29%), aux Pays-Bas (+27%) et en France (+20%). Dans les États où la demande d’asile est moins importante, la Slovénie connait la plus forte hausse (+95%) suivie de Chypre (+70%). C’est dans cet État que le niveau de demande d’asile rapporté à la population nationale est le plus important, avec 8 805 primo-demandeurs d’asile par million d’habitants, suivi par la Grèce (6 051) et Malte (4 726). Les pays accueillant le moins de demandeurs au regard de leur population sont la Slovaquie (28 pour un million), la Pologne (63) et la Hongrie (65). La France, avec 1 644 demandeurs d’asile par million d’habitant est au 7ème rang, au-dessus de la moyenne européenne (1 133).   

 

Les trois principales nationalités de demandeurs d’asile en 2018 sont la Syrie (80 900 primo-demandeurs d’asile), l’Afghanistan (41 000) et l’Irak (39 600). A eux seuls, ils représentent 30% du nombre total des primo-demandeurs d’asile. Depuis 2013, les Syriens sont les plus nombreux à demander l’asile dans l’Union européenne. L’augmentation la plus marquée parmi les principaux pays d’origine concerne la Géorgie (17 980 premières demandes, +80% par rapport à 2017), un pays qui bénéficie depuis mars 2017 de l’exemption de visa court séjour pour se rendre dans l’espace Schengen.

 

A la fin de l’année 2018, 878 600 personnes dans les États membres de l’Union européenne avaient leurs demandes d’asile toujours en cours d’examen par les autorités nationales soit un peu moins qu’un an auparavant (927 000). L’essentiel de ces demandes (44%) étaient en cours d’instruction en Allemagne.

 

La baisse de demandes d’asile enregistrées dans l’Union européenne ne reflète pas une diminution des besoins de protection dans le monde. A la mi-2018, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) recensait ainsi 70,4 millions de personnes en situation de déplacement forcé dans le monde. A elle seule, la Turquie accueillait à cette date 3,6 millions de réfugiés. Si moins de personnes ont sollicité l’asile en Europe, c’est avant tout parce qu’elles n’ont pas eu accès au territoire européen en raison de la mise en œuvre de politiques visant à freiner les départs et à renforcer les frontières extérieures (voir notre article de newsletter de septembre 2018 ).