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n°1 : Comment les réfugiés intègrent-ils le logement et l'emploi dans leur stratégie d'insertion ?
n°2 : Quelles réponses du coté des professionnels du logement et de l'hébergement ?
n°3 : Quelles réponses du coté des professionnels de l'emploi et de la formation
 
n°4 : Traumatisme et remède : une question de santé ?
n°5 : Quel bilan, quelles perspectives ?


Quelles réponses du coté des professionnels de l'emploi et de la formation ?

Thématique
  • Constats et questionnements de départ

    L’emploi des réfugiés est soumis aux mêmes difficultés que les ressortissants français : une pénurie d’offres d’emploi en général et des emplois non pourvus sur les secteurs en tension rendus parfois peu attractifs en termes de conditions de travail et de rémunération.

    À cela s’ajoutent d’autres problèmes, spécifiques aux réfugiés, à savoir :

    • une maîtrise partielle de la langue française qui génère des incompréhensions dans les échanges
    • un défaut de reconnaissance des qualifications étrangères
    • des représentations erronées du marché du travail de la part des réfugiés
    • un manque de connaissance des techniques et des possibilités de recherche d’emplois
    • des réfugiés souvent livrés à eux- mêmes avec un faible réseau relationnel
    • un amalgame médiatique entre réfugiés et sans papiers qui génère des discriminations
    En revanche, beaucoup de professionnels et d’employeurs s’accordent à reconnaître le courage et la volonté des réfugiés. Leur aspiration commune est de recouvrer le statut social qu’ils ont perdu en quittant leur pays d’origine. C’est pourquoi les réfugiés, hommes ou femmes, acceptent souvent une déqualification au premier emploi en espérant mieux valoriser leurs compétences dans un second emploi avec, parfois, des détours par la formation. Dans ce contexte, le développement et l’adaptation des diverses formes de médiation pour réduire les handicaps spécifiques dont pâtissent les réfugiés constituent un enjeu essentiel pour faciliter leur accès à l’emploi et aux qualifications.
  • Solutions existantes ou expérimentées

    Avec les services pour l’emploi :  

    • des évaluations de compétences du réfugié en situation de travail
    • un entretien de pré- sélection pour les candidats réfugiés AccelAIR
    • l’instruction des demandes de formations pour accélérer l’adaptation au poste de travail

    En direction des entreprises :

    • une visite sur site pour aider l’entreprise à préciser son profil de poste
    • une présentation des mesures auxquelles l’entreprise peut prétendre
    • un suivi personnalisé du réfugié pendant la période d’essai
  • Proposition d’éléments à mettre en débat

    Quels enseignements tirer de la démarche conduite dans le cadre d’ACCELAIR au plan de l’insertion professionnelle et de la mobilisation des outils de diagnostic, de formation et d’accompagnement vers l’emploi ? Quels en sont les points forts et les points faibles vis-à-vis de l’efficacité attendue (l’insertion professionnelle), de la pertinence des actions menées (a-t-on répondu aux besoins ?), de la cohérence et de l’efficience des pratiques (quelle synergie des acteurs et quelles complémentarités des outils ?).

    Quelles perspectives en tirer pour l’avenir et la mise en place d’une plateforme physique regroupant tous les acteurs de l’insertion travaillant avec ce public dans le Rhône?

    Plusieurs angles d’attaque sont à examiner :

    • L’accompagnement des réfugiés vers l’emploi :les instruments et modes d’action du Service public de l’emploi constituent une « boîte à outils » diversifiée au sein de laquelle les réfugiés doivent pouvoir trouver une réponse à leurs besoins. Le rôle confié au Conseil général en matière d’insertion structure aussi fortement le paysage actuel.
    • Le diagnostic  préalable : un élément clé pour des personnes qui disposent d’une expérience professionnelle antérieure et des compétences qu’il faut révéler, « traduire » dans les catégories pertinentes des qualifications françaises et mettre en phase avec les opportunités du marché du travail.
    • La formation  : un facteur d’adaptation décisif dans l’acquisition des compétences nécessaires à l’insertion, avec un enjeu spécifique de couplage du volet linguistique et du volet professionnel.
    • La validation des acquis  : dans le processus de reconnaissance des savoirs, compétences et diplômes des réfugiés, la validation des acquis de l’expérience est à développer pour faciliter l’accès à un titre professionnel, alléger les parcours de formation et accélérer l’insertion professionnelle.
    • La mobilisation des employeurs privés, publics ou relevant de l’économie sociale et solidaire est un moyen d’accroître les chances d’insertion des réfugiés par la mise en relation avec l’entreprise au travers de modes d’action divers (parrainage, médiation vis-à-vis des employeurs, passage en entreprise d’insertion…).

  • Éléments de bilan du projet Accelair
    • QUALIFICATION DES REFUGIES AccelAIR
      – 53% avaient un niveau d’études supérieures au bac
      – 1/3 avait un niveau équivalent au bac
      – Seul 14% du public avaient un niveau inférieur au bac
    • RESULTATS EN FIN DE PROGRAMMATION
      - 64% des réfugiés ont eu accès à l’emploi au moins une fois
      - en milieu de programme, 39% des réfugiés étaient en emploi contre à peine 30% un an plus tôt
    • RESULTATS COMPARES EN DEBUT ET FIN DE PROGRAMME
      - la part des CDI a augmenté de 32% à 38%
      - la part des CDD a augmenté de 12,5% à 18%
      - alors que la part des contrats aidés a baissé de 42% à 32%
    • LES DETERMINANTS DE L’ACCES A L'EMPLOI (RAPPEL)
      - parmi les réfugiés en emploi, 2/3 étaient francophones et 80% détenaient un niveau équivalent au baccalauréat
      - la part des francophones à l’emploi a augmenté de 64% à 82,5%
      - idem pour les non francophones qui sont passés de 28% à 55%
      - sur l’ensemble des réfugiés, les hommes ont davantage profité de l’emploi (65%) que les femmes (35%).
      - les célibataires étaient plus fréquemment à l’emploi que les couples : 83% d’entre eux ont accédé à l’emploi contre 61% des couples
      - l’augmentation des placements dans l’emploi a davantage profité aux ressortissants d’Europe de l’Est : de 12,5% en 2003 à 36% en 2004
    • LE MANQUE DE RECONNAISSANCE DES QUALIFICATIONS
      - les personnes peu qualifiées au départ étaient souvent ouvrier ou travaillaient dans le secteur du nettoyage.
      - les personnes plus qualifiées ont d’abord cherché à conserver leur métier ou leur secteur d’origine
      - mais avec le temps, les plus qualifiés ont accepté de réduire leurs prétentions pour préférer la stabilité dans l’emploi et espérer un rattrapage social par la suite, avec la formation notamment. Voici quatre exemples assez illustratifs du phénomène de déqualification :
      • une vétérinaire devient animalière ,
      • un cadre de l’administration devient secrétaire,
      • un ingénieur du bâtiment devient ouvrier de maintenance,
      • ou encore, un contremaître de sondage qui devient foreur .
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Participants
Intervenants à la table ronde

Denise TORRES, Directrice de Agence locale pour l’emploi, Charpenne-Villeurbanne

Catherine DECRET, Responsable de secteur à l’ALPES, Lyon

Emmanuel JOUVE, Chargé de mission AccelAIR, Forum réfugiés, Lyon

Martine MONTMASSON, Directrice du service Insertion, Conseil Général du Rhône, Lyon

La table ronde a été animée par François AVENTUR, Consultant et professeur associé, Université Lumière

Intervenants en salle

Yassine BOUCHERIT, Représentant du dispositif de validation des acquis, Lyon

Fereshteh FIROUZI, Antenne Nationale des vétérinaires et des biologistes, Association d’accueil aux médecins et personnels de santé réfugiés en France, Lyon

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Résumé des débats

Intégrer la problématique de l’accès à l’emploi dans des accompagnements à caractère social est certainement un des traits les plus novateurs en matière d’insertion des réfugiés. Les échanges indiquent qu’il a fallu déployer des changements de pratiques en interne et en externe auprès des acteurs ciblés : conseillers ANPE, référents RMI, formateurs et chargés d’insertion.

Des expériences significatives sont présentées. Elles permettent au lecteur de prendre la mesure des limites du Droit commun quand le demandeur d’emploi ne maîtrise pas assez le français, méconnaît les mécanismes du marché et n’a pas de réseau privé pour dénicher les emplois « cachés », sans parler des difficultés de reconnaissance des compétences acquises à l’étranger qui conduit les réfugiés qualifiés à subir des déclassements professionnels au début de leur parcours dans l’emploi.

Tout l’intérêt des initiatives abordées en illustration revient à compléter le Droit commun sans créer de mesures spéciales mais en mobilisant des moyens spécifiques : sensibilisation des professionnels aux problématiques des étrangers, l’accès à l’information des bénéficiaires par la traduction de dépliants en plusieurs langues étrangères, adjonction d’un interprète au moment des entretiens de suivi, etc.

Extrait vidéo de la table ronde
Retranscription intégrale de la table ronde
Table ronde N°3 :
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