Logo Forum réfugiés
Retour à la page d'accueil
Les réfugiés
Le droit d'asile
L'association
Notre action
Soutenez-nous
Liens utiles

 
English version
 
 
 

Tables rondes
Accueil Colloque
Objet et enjeux du colloque
Présentation de la journée
Discours de M. le prefet
Tables rondes
Clotûre du colloque
Actes du colloque
Lexique
EQUAL
Partenaires du projet
 
 
 
 
 
 
 
 
 
n°1 : Comment les réfugiés intègrent-ils le logement et l'emploi dans leur stratégie d'insertion ?
n°2 : Quelles réponses du coté des professionnels du logement et de l'hébergement ?
n°3 : Quelles réponses du coté des professionnels de l'emploi et de la formation
n°4 : Traumatisme et remède : une question de santé ?
 
n°5 : Quel bilan, quelles perspectives ?


Traumatisme et remède : une question de santé ?

Thématique
  • Constats et questionnements de départ

    Dans un contexte de protection et de droit d’asile défini par la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés, tenter d’élucider le rapport entre santé mentale et réfugiés implique de ne pas « pathologiser »  les souffrances endurées.

    En effet, à quoi pourrait il servir de définir les troubles de santé constatés dans le registre psychiatrique et médical si ce type d’opération ne contribuait pas à retisser des formes d’attachements entre soi et le monde ?

    Tout réfugié est pris dans plusieurs « mondes » qui vont influer sur sa santé mentale. Il est un étranger en terre d’accueil qui a traversé le chemin de l’exil. En tant que demandeur d’asile, il a été inscrit et engagé dans une procédure juridique en vue d’obtenir un statut de réfugié au cours de laquelle il a rencontré un certain nombre d’épreuves émotionnelles. Il est arrivé en France seul ou accompagné, avec son histoire, son expérience (ses forces et ses faiblesses) et ce qui le hante, autrement dit un certain vécu psychique. Ces caractéristiques représentent des zones de potentielle fragilisation qui peuvent à un moment ou à un autre mettre en péril sa santé psychique.

    S’il n’existe pas, du point de vue subjectif, de frontière stricte entre la problématique d’un étranger et celle d’un réfugié –même rapport à l’étrangeté, à l’altérité- par contre, la particularité de la situation de réfugié est à la croisée des procédures sociales et juridiques spécifiques à sa condition sociale de requérrant.

    Les accueillants s’accordent pour reconnaître la présence, voire l’omniprésence de vécus traumatiques (torture, viol….) dans le parcours du combattant des demandeurs d’asile. Ce qui a été vécu là-bas reste présent en négatif ou comme un fond plus ou moins muet. Dans ce contexte, est il possible de manière préventive d’identifier des symptômes pré- déclenchant d’une pathologie traumatique ?

    En sus de ce qui s’est passé ailleurs et dans l’exil, certains intervenants s’interrogent sur ce qui se vit en France : les demandeurs d’asile ne sont-ils pas confrontés à un effet cumulatif ou additionnel de troubles lorsqu’ils sont mal accueillis ici ? Existe il des modalités particulières de l’accueil qui ne renforcent pas des spirales de décompensation ? En quoi serait- il opportun de prolonger l’aide au soin psychologique après l’obtention du statut, c’est-à-dire en sortie d’hébergement ? Y a –t –il une notion de temps privilégiés pour prendre en compte l’élaboration du traumatisme ?

    Quelque soient les réponses à ces questions, la permanence et l’inscription récente de la santé et du soin psychique dans le champ de l’accueil des demandeurs d’asile doit être légitimée afin que soient admis collectivement de nouveaux principes d’intervention qui fondent les politiques d’accueil des réfugiés.

  • Proposition d’éléments à mettre en débat

    Voici les sujets proposés en débats  :

    • En quoi le traumatisme des réfugiés ne relèverait – il pas du registre de la pathologie?
    • En quoi l’accueil peut participer à la décompensation ?
    • (prévention) comment identifier des symptômes pré- déclenchants d’un traumatisme ?
    • En quoi serait- il opportun de prolonger l’aide au soin psychologique après l’obtention du statut, c’est-à-dire en sortie d’hébergement ? Y a –t –il une notion de temporalité à prendre en compte dans le cheminement du traumatisme ?
    [ retour haut de page ]

Participants
Intervenants à la table ronde

Bertrand PIRET, Psychiatre, Strasbourg

Sabina HERDIC, Psychologue, Lausanne, Suisse

Karima BRAKNA, Psychologue, Lausanne, Suisse

Joëlle Guélé, conseillère technique en travail social, DRASS Rhône-Alpes,Lyon

La table ronde a été animée par Christian LAVAL, Docteur en sociologie, Lyon

Intervenants en salle

Mike ARINCI, Association SARA GHU, Marseille

Amina KHELIL, Administrateur de Migration Santé Alsace, Strasbourg

    [ retour haut de page ]

Résumé des débats

Cette table ronde a le mérite d’aborder la complexité des réactions traumatiques dans un langage ouvert qui peut convenir au profane. Le lecteur retiendra que parmi les réfugiés violentés, les symptômes ne sont pas forcément apparents mais qu’ils peuvent commencer à se manifester, voire s’aggraver, quand les conditions d’accueil leur sont défavorables. Les intervenants utilisent souvent l’exemple des « interrogatoires » durant la procédure de demande d’asile pour illustrer ce qu’il faut éviter car cette catégorie de patients aurait plutôt besoin d’un cadre sécurisé pour s’exprimer en confiance.

Il est aussi constaté que la durée des procédures jusqu’à la régularisation entretient des liens avec le sentiment d’appartenance à un nouveau pays. À plusieurs reprises, il est rappelé le caractère intemporel des souffrances vécues : « pour eux la guerre n’est pas finie, ils ne peuvent pas complètement baisser les armes (…) ils se trouvent, entre parenthèses, arrêtés dans un présent fortement emprunt de passé (…) il s’agit du syndrome du temps muet  ».

D’après les recherches et les expériences en cours, il est possible de retenir quatre points marquants : 1) évacuer l’illusion de régler ce genre de souffrances post-traumatiques par des solutions ponctuelles et brèves, 2) la nécessité de former les professionnels de l’accueil à la détection des symptômes, 3) d’adjoindre des interprètes (également formés) au moment des diagnostics médicaux, et enfin 4) de trouver des solutions qui permettent d’éviter le séjour en psychiatrie pour réduire la dérive d’une médicalisation parfois abusive. Ce dernier point renvoie au déficit de coopération entre le secteur social et le secteur médical.

Extrait vidéo de la table ronde
Retranscription intégrale de la table ronde
Table ronde N°4 :
Télécharger la table ronde
    [ retour haut de page ]