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1an et demi après le démarrage d’Accelair : Premier bilan

  Typologie du public accueilli

-140 personnes (adultes) sont inscrites dans le dispositif Accelair (soit 102 familles).
-44% de ces personnes sont francophones.
-Les femmes et les hommes sont également représentés parmi les bénéficiaires (50%-50%).

-La moyenne d’âge est de 35,5 ans. (en savoir plus - doc PDF 58ko)
-La majorité (48%) des bénéficiaires provient du continent africain (essentiellement Rwanda et République Démocratique du Congo), 43% viennent de l’Europe de l’Est (Russie et Balkans) et 9% d’Asie-Asie mineure (Irak). (en savoir plus - doc PDF 58ko)
-61% des bénéficiaires ont un niveau de qualification égal ou supérieur au baccalauréat. (en savoir plus - doc PDF 59ko)

  Trois grands types d’actions ont été menés parallèlement depuis le démarrage du projet en avril 2002 :

Des actions liées à la mise en œuvre opérationnelle du projet (ingénierie, montage du dispositif, communication, construction d’outils de travail, etc.) ;

Un lancement officiel de l’opération a été organisé le 18 décembre 2002 à la Préfecture réunissant, sur invitation du Préfet de région, près de 80 personnes (représentants des institutions, des organismes de logements sociaux, des structures d’accueil, des organismes de formation et du milieu économique). Un communiqué de presse a été diffusé à cette occasion (Cf Communiqué de presse).

Des actions à l’égard des bénéficiaires directs du projet (accueil, bilan, orientation, mise en relation, accompagnement, etc.) ;

En terme de formation et d’emploi (en savoir plus - doc PDF 60ko)

129 mesures ont été utilisées par les bénéficiaires. Dès la première année, 28% des mesures visent l’accès des réfugiés au marché de l’emploi, que ce soit par des contrats de travail de droit commun ou des contrats aidés.

Les bilans et formations non qualifiantes ont, assez logiquement, représenté la majorité (56%) des mesures utilisées au cours de cette première année.

Une activité importante de bilan-évaluation de la situation sociale et professionnelle des bénéficiaires est ainsi menée depuis septembre 2002 par l’ALPES, partenaire du projet.
Cette activité se présente sous forme d’ateliers visant à réaliser un état des lieux prenant en compte tous les aspects de la situation de la personne, déterminer et hiérarchiser les obstacles à l’insertion, pour, ensuite, construire un parcours adapté précisant les étapes et les moyens à mettre en œuvre. 39 personnes ont bénéficié de cette prestation.

En ce qui concerne la formation, le principe sur lequel se sont accordés les partenaires est de s’appuyer systématiquement sur les dispositifs de droit commun et, à défaut, de construire à chaque fois que cela est nécessaire une offre appropriée en fonction des caractéristiques du public. C’est dans cette optique qu’a été conçue l’ingénierie de la formation avec nos deux partenaires ALPES et AFPA autour de stages reposant sur une alternance entre formation en français langue étrangère (FLE) et formation qualifiante (Technique). Une première promotion de 8 stagiaires, sur cette offre spécifique de formation, a démarré en décembre 2002 ciblant plusieurs secteurs professionnels : hôtellerie-restauration-bâtiment-mécanique,….D’autres bénéficiaires ont été dirigés vers des offres de formation linguistique ou autres déjà existantes et financées dans le cadre des dispositifs de droit commun.

Afin de prendre en compte le projet défini pour chaque bénéficiaire en fonction de sa formation initiale et de son expérience professionnelle antérieure, des orientations ont été proposées, pour certains, vers une reprise d’études dans le but de valider les diplômes ou l’expérience acquise dans le pays d’origine (avocat, médecin,…), ou, pour d’autres, directement vers l’emploi grâce à l’action coordonnée par notre partenaire ANPE.

Un partenariat a été mis en place avec Adecco (Agence d’intérim) autour d’un engagement prévisionnel de suivi de 30 bénéficiaires pour chacune des années du projet. Dans le cadre de son travail habituel, Adecco propose, pour certains des intérimaires, un suivi tout au long de leur parcours. L’intérêt pour les réfugiés d’une telle coopération est double : il permet d’une part la découverte de l’entreprise en situation réelle de travail. Un parcours d’insertion optimisé nécessite en effet une alternance entre formation et entreprise. L’intérim permet d’augmenter le nombre de passages en entreprise quelque soit la forme et la durée. D’autre part, les bénéficiaires peuvent ainsi constituer un réseau relationnel mobilisable pour la future recherche d’emploi.

Cette première période de mise en œuvre du projet a également permis de commencer à établir des contacts avec le milieu économique dont plusieurs représentants étaient présents lors de la conférence de lancement officiel du projet. Cette démarche nous permettra d’accélérer la mise en place au sein d’Accelair d’un pôle économique et d’un système de parrainage avec les entreprises tel que prévu dans le projet.

En terme de logement (en savoir plus - doc PDF 40ko)

Le recrutement d’un poste (chargé de mission – relogement) prévu avec le partenaire co-réalisateur de cette action, ABC HLM, a permis de mobiliser non seulement les partenaires habituels mais également d’élargir les contacts afin d’optimiser l’offre de logement. Un engagement partenarial sur toute la durée du projet a également été obtenu avec Habitat et Humanisme. Ce travail préparatoire et la synergie crée pendant cette première période vont permettre d’accélérer l’accès au logement grâce notamment à l’engagement d’ABC HLM et de ses partenaires, obtenu en décembre 2002, sur le relogement de 100 ménages.
D’ores et déjà, 28 baux ont été signés pour les bénéficiaires directs du projet depuis octobre 2002 (soit une moyenne de 4 baux par mois).

Des actions à l’égard des opérateurs et acteurs de l’insertion (accompagnement et appui technique dans la mise en œuvre des actions, formation sur les différentes dimensions de l’insertion, sensibilisation à la problématique du public cible).

Plusieurs interventions de notre partenaire Amnyos ont eu lieu cette première année pour appuyer les opérateurs dans la construction d'un dispositif ad hoc capable de prendre en compte les deux principales dimensions couvertes par le projet : l'insertion par le logement et l'insertion professionnelle. La mission d’Amnyos est double :

> Apporter les compétences en ingénierie pour le montage du dispositif d'insertion qui soit en capacité de mobiliser les pratiques existantes tout en produisant des actions innovantes ;
> Accompagner les opérateurs dans la réalisation du dispositif expérimental de façon à obtenir un produit qui soit le plus transférable possible.

En ce qui concerne, la formation des opérateurs et la sensibilisation plusieurs interventions ont été proposées et mises en œuvre par la Cimade, partenaire investi sur cette activité. Les sujets et contenus étaient pour certaines de ces interventions davantage techniques, liés à un domaine de compétences spécifique et donc destinés plus précisément à certains partenaires (tels que ceux portant sur l’apprentissage technique du français langue étrangère et sur la pratique de bilan-positionnement), d’autres étaient destinés à un public plus large afin de le sensibiliser autour de la problématique particulière de l’asile (tels que l’intervention consacrée au droit d’asile et celle sur la difficulté particulière de l’apprentissage d’une langue étrangère en terre étrangère).

  Bassins d’emploi et bassins d’habitat sur le territoire d’intervention du projet : région urbaine de Lyon

Concernant l'identification du public-cible, la zone d'intervention retenue dans le cadre du projet est la Région Urbaine de Lyon, comprenant le département du Rhône plus une partie de chacun des départements limitrophes.
En ce qui concerne la localisation géographique du public accueilli dans Accelair, nous pouvons constater une forte concentration de réfugiés dans les villes de Lyon, Villeurbanne et Vaulx-en-Velin, correspondant significativement à l’implantation géographique des centres d’accueil pour demandeurs d’asile. (
en savoir plus - doc PDF 53ko)

En terme d’emploi

L’offre d’emploi dans le secteur industriel a nettement diminué ces dernières années mais reste importante dans les zones urbaines et péri-urbaines de Lyon et St Etienne (en savoir plus - doc PDF 248ko)

La tertiarisation de l’économie se retrouve clairement dessinée autour des agglomérations régionales (en savoir plus - doc PDF 252ko)

En terme de logement

La concentration des logements vacants se focalise autour de deux principaux pôles : Lyon et St Etienne, ainsi que dans quelques zones dispersées (en savoir plus - doc PDF 175ko)

Il y a un net recoupement entre la localisation géographique des logements vacants et le parc locatif HLM de la Région Urbaine de Lyon (en savoir plus - doc PDF 181ko).

> D’une manière générale, nous pouvons constater une certaine symétrie entre l’offre d’emploi dans le secteur tertiaire et les vacations de logement au niveau régional.

  Premières évaluations et Perspectives

2002 a été une année charnière pour la mise en place du projet nécessitant un temps important consacré à l’ingénierie de projet (mise en oeuvre du dispositif et des actions) et à la mobilisation des moyens humains et financiers dans un cadre partenarial (fédérer l’ensemble des partenaires sur les objectifs de l’opération). Il s’agissait, dans un premier temps, d’inscrire le projet Accelair dans le paysage institutionnel afin qu’il soit identifié et reconnu par l’ensemble des partenaires.

En dépit d’un contexte général peu favorable à la relève du défi fixé dans le cadre de ce projet (situation de crise affectant l’emploi et le logement, réforme française du droit d’asile et nouvelles perspectives du gouvernement en terme d’insertion), rendant difficile la conciliation d’un projet expérimental, se développant dans la durée, avec la logique d’urgence provoquée par la situation critique pour les réfugiés statutaires, les résultats obtenus sont encourageants.

Au-delà des solutions concrètes apportées aux bénéficiaires en terme de logements, formation et emploi (Cf. ci-dessus), plusieurs aspects pédagogiques positifs émanent de la pratique menée depuis le démarrage de cette opération :

> Travail sur la double dimension sociale et économique de l’insertion
Alors que jusque là (toujours en raison du contexte national et local) la question de l’insertion de la population des réfugiés était centrée sur l’axe « hébergement-logement », le développement du projet Accelair permet peu à peu de rééquilibrer les priorités entre la dimension sociale et la dimension économique du processus d’insertion.

> Une forte mobilisation
Une forte mobilisation a été obtenue autour de ce projet et donc de la question de l’insertion des réfugiés :
• Par la constitution d’un partenariat autour d’un objectif commun élargi au milieu économique ;
• Par une meilleure prise en compte de cette question par les pouvoirs publics ;

> Un centre « ressources »
Le projet Accelair est de plus en plus investi comme un centre de ressources par les divers acteurs permettant ainsi de:
• Fédérer et coordonner les diverses initiatives afin d’assurer plus de cohérence dans la mise en œuvre des actions prévues pour l’insertion de ce public ;
• Produire une connaissance partagée du public et des solutions qui sont apportées ou à apporter pour résoudre les difficultés rencontrées par ce public (action de sensibilisation et de formation des acteurs) ;
• Assurer une fonction d’intermédiation visant à créer une passerelle entre le monde associatif et le monde économique.

> La notion de construction de l’offre
Cette notion, énoncée initialement dans le projet et qui vise à développer une réelle adéquation entre l’offre et les besoins identifiés, s’est concrétisée par le passage des bénéficiaires par des ateliers de bilan-diagnostic permet d’affiner la connaissance de cette population.
- Cette connaissance plus fine des ressources et des contraintes de chacun permet, d’une part, d’élaborer des réponses adaptées à chaque individu en terme de parcours d’insertion professionnelle, et, d’autre part, de développer une stratégie partagée par les différents partenaires concernés par les actions à mener auprès de ces personnes. L’objectif visé est de parvenir à modéliser les réponses proposées et à développer des stratégies communes contribuant ainsi à la définition d’une politique locale d’insertion pour cette population sur l’ensemble du territoire d’intervention du projet.

> Une approche dynamique du public
Accelair travaille sur une approche dynamique de la question de l’insertion des réfugiés en replaçant l’individu au centre, contrairement à une approche plus courante, l’approche typologique, consistant à n’envisager cette question qu’en terme de « groupe » ou « population ». Il s’agit de travailler sur le paradoxe consistant à construire des réponses appropriées à la spécificité de la population des réfugiés tout en maintenant une approche dynamique de prise en compte de la personne en tant qu’individu et non en tant que réfugié.

> La notion d’alternance
Cette notion est privilégiée dans le projet. Dans le cadre de l’insertion professionnelle, l’alternance entre l’apprentissage du français et la formation pré-qualifiante et qualifiante (Action FLE/Métier), associée à la multiplication des passages en entreprise, permet d’accélérer le processus d’apprentissage de la langue et de requalification des personnes à la fois professionnellement et socialement. L’intégration en entreprise et plus globalement dans le pays d’accueil est donc plus rapide.

> Elargir la fonction d’accueil à l’ensemble des bénéficiaires
La mise en œuvre de cette opération a permis de mettre en relief la pratique courante d’un accueil davantage ciblé sur une catégorie du public des réfugiés (priorité donnée aux familles) contribuant à éloigner d’autres catégories de personnes (exemples : réfugiés célibataires, isolés, etc.) pouvant bénéficier de services qui devraient les aider dans leur démarche d’insertion. L’aspect innovant d’Accelair est de se mobiliser pour assurer un accueil systématique de l’ensemble des réfugiés, notamment ceux qui sont les plus vulnérables ou en voie de marginalisation.

> Un territoire pertinent
La prise en compte, dans le cadre du projet Accelair, d’un territoire plus large et à géométrie variable en fonction de la nature du problème à traiter (logement, emploi, formation, santé, etc) permet de trouver les meilleures modalités de réponses à apporter par catégories de problème.

Ces premiers constats seront précisés, affinés et compléter grâce à l’action d’évaluation du projet, qui est mené en continu tout au long des trois années de mise en œuvre du projet par notre partenaire Economie & Humanisme. Cette évaluation s’effectue à trois niveaux dans le but de mesurer la pertinence ou non pertinence des réponses apportées dans le cadre de cette opération:
-Fonctionnement de l’équipe opérationnelle ;
-Fonctionnement du travail partenarial ;
-Confrontation des expériences avec les autres projets innovants retenus au niveau de la région Rhône-Alpes.

Tout ce travail permettra à terme la production d’un guide pédagogique sur cette question de l’insertion sociale et professionnelle des réfugiés statutaires.