Témoignages et histoires
Des femmes persécutées
En 1951, les rédacteurs de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés n’ont pas volontairement omis les persécutions infligées aux femmes. Ils n’y ont tout simplement pas pensé.
« Monsieur le Préfet, je vous demande le rejet de ma demande de renouvellement de mon titre de séjour et de m’inviter à quitter le territoire français. Ma décision est motivée par ma situation précaire et la baisse de mon équilibre moral ».
Amina est en France depuis décembre 2001, titulaire d’une carte d’un an « vie privée et familiale », sans logement et sans ressource. Sa dernière famille d’accueil lui a demandé de quitter les lieux et elle n’a nulle part où aller.
« A cet effet, je vous demande de m’aider à bénéficier du dispositif d’accompagnement vers mon pays d’origine ».
Au Tchad, les militaires l’ont menacée de mort, brûlée au fer rouge, piétinée et violée. Les membres de sa famille sont morts ou en exil et, en cas de retour, Amina ne pourra plus bénéficier du traitement médical qui la maintient dans un semblant d’équilibre psychologique. Mais les difficultés en France lui paraissent insurmontables ; sa carte de séjour temporaire ne lui permet pas d’accéder au revenu minimum d’insertion et son état psychologique rend difficile sa recherche d’emploi. Sans ressource, elle ne peut accéder à un logement autonome.
« Ma famille d’accueil me dit que je ne peux plus rester chez elle et je ne veux pas me retrouver à la rue ».
A 16 ans, Landa a été vendue à la mafia albanaise qui l’a forcée à se prostituer dans une forêt du Kosovo puis sur les trottoirs suédois. Aujourd’hui cachée chez un ami, elle demande la protection de l’Etat français. Ourdia aussi demande la protection de la France après avoir pris la décision de quitter l’Algérie et trente ans de violences conjugales.
« Mon mari avait imaginé une nouvelle forme de sévices : la privation de nourriture. Il se faisait livrer son repas préparé par sa mère et le dégustait tranquillement devant mes enfants et moi qui l’écoutions déglutir le ventre vide. Sa cruauté n’avait pas de limite ».
En Côte d’Ivoire, Djanissa a été mariée de force avec « un vieil homme polygame » qui la violait, la battait et l’obligeait à « vivre comme les femmes wahhabites ».


