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Témoignages et histoires

Le règlement de Dublin pour les tchétchènes


Puis, Mme K. et sa fille sont envoyées dans un camp dit de transit, situé à environ 30 kilomètres de Varsovie. Le camp est bondé, il n’y a pas assez de place pour accueillir tout le monde. Elles dorment dans une sorte de réfectoire avec une quinzaine d’autres personnes.


Mais Mme K. n’oublie pas son but initial : rejoindre son frère en France. Ainsi, dès le lendemain, le 30 décembre 2007, Mme K. et sa fille montent dans un taxi pour tenter de rejoindre la France.


Encore une fois, elles sont arrêtées par les douanes, mais cette fois-ci à la frontière allemande. Mme K. est placée en centre fermé, et elle est séparée de sa fille qui aurait été placée dans une sorte d’orphelinat. Après un mois et demi passé en centre fermé de rétention séparée de son enfant, Mme. K. et sa fille, sont, comme le veut le règlement Dublin, réadmises en Pologne, premier pays où elles ont été contrôlées.


Le 15 février 2008, Mme K. et sa fille sont de nouveau en Pologne, avec le sentiment d’être revenues à la case départ. Mais dès le 17 février, poursuivant toujours cet espoir de retrouver son frère en France, Mme K. part avec sa fille en voiture. Elle traverse cette fois ci les frontières de la République Tchèque, de l’Autriche et de l’Allemagne.


Le 22 février 2008, Mme K. et sa fille sont enfin arrivées en France, à Lyon, où le frère de Mme les attend.


Après plusieurs mois de galère, et alors que Mme K. pense être arrivée au bout de ses peines, elle se rend vite compte que les ennuis ne font que commencer pour elle et sa fille.


N’étant pas autorisée à demander l’asile en France, Mme K. n’est pas admise au séjour et est placée sous procédure Dublin, avec comme pays de réadmission la Pologne. Elle explique à la Préfecture que son frère est réfugié statutaire ici, qu’il est le seul membre de sa famille qu’il lui reste, qu’elle est très malade et que sa fille se retrouvera toute seule si elle est à nouveau hospitalisée à l’étranger, mais en vain.


D’ailleurs, après à peine quelques jours, Mme K. fait une rechute. Elle est hospitalisée d’urgence. Elle est restée à l’hôpital pendant presque deux semaines, durant lesquelles, pour la première fois, sa fille ne s’est pas retrouvée seule, mais a pu être prise en charge par son frère.