L'asile et les réfugiés dans le monde
Principaux pays d'accueil
L’essentiel des populations en situation d’exil demeurent proches de leur région d’origine et principalement dans les pays les plus pauvres.
80% des réfugiés étaient accueillis par des pays en développement (8,4 millions).
- 35% (soit 1/3) des réfugiés se trouvaient dans la région Asie/Pacifique (dont 3/4
étaient d’origine afghane)
- 22% (soit 1/5) se trouvaient dans la région Afrique du Nord/Moyen-Orient (réfugiés
irakiens principalement)
- 20% se trouvaient en Afrique
- 15% en Europe
- 8% en Amérique
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Principaux pays d’accueil des réfugiés (source : UNHCR, statistical yearbook 2008, juin 2009 )
| Pakistan | 1,7 millions |
| Syrie | 1,1 millions |
| Iran | 980 000 |
| Allemagne | 582 000 |
| Jordanie | 500 000 |
| Tanzanie | 435 000 |
| Chine | 300 000 |
| UK | 299 700 |
| Tchad | 294 000 |
| USA | 281 200 |
L’accueil des réfugiés, et plus largement, des populations en situation d’exil, n’est pas équitablement réparti entre tous les pays de la planète, encore moins entre les pays dits « riches », et ceux qualifiés de « pauvres ».
En effet, l’essentiel des populations en situation d’exil demeuraient proches de leur région d’origine et principalement dans les pays les plus pauvres. Le HCR estime que seuls 1,6 millions de réfugiés (soit 14% du total des 11,4 millions) vivent hors de leur région d’origine.
Il est également intéressant de mettre en exergue les pays qui supportent le plus le poids en matière d’accueil des réfugiés : (à partir de l’indicateur faisant le rapport entre le nombre de réfugiés accueillis et le PIB par habitant, c’est-à-dire la richesse nationale) :
| Pakistan | 733 réfugiés pour un dollar de PIB/habitant |
| République démocratique du Congo | 496 |
| Tanzanie | 262 |
| Syrie | 257 |
| Tchad | 230 |
| Kenya | 211 |
Absence de protection et risques de persécution
Parmi les principaux pays d’accueil, certains ne sont pas signataires de la Convention de Genève et/ou ne disposent pas de système d’asile (Pakistan, Ouganda par exemple). Le HCR est cependant présent dans un certain nombre de ces pays (Le HCR est présent dans 116 pays), qu’il intervienne directement dans les camps de réfugiés, ou qu’il dispose d’un bureau à partir duquel il prend en charge la protection des personnes.
Toutefois, sa présence seule ne suffit pas à être une garantie en termes de protection. Dans les camps qu’il gère, les incursions de groupes rebelles et les déplacements des combats ne sont pas rares. De même, les conditions de vie à l’intérieur de certains de ces refuges peuvent rendent particulièrement vulnérables des populations qui le sont déjà : les enfants, les femmes, les personnes malades. Parfois, le HCR, les autorités locales et les ONG ne peuvent même pas intervenir auprès des populations en raison des difficultés d’accès ou de conditions sécuritaires. Les populations se retrouvent alors dans une situation de précarité extrême, sans aucun soutien humanitaire ni aucune protection, les livrant ainsi au risque permanent de persécutions.
A titre d’exemple, dans le camp de réfugiés de Maltam au Cameroun, dressé en février 2008 par le HCR pour accueillir plus de 2 500 Tchadiens fuyant les combats à N’Djaména, suite à la tentative de coup d’Etat menée contre Idriss Deby, les réfugiés souffrent du froid et des tempêtes de sable qui sévissent régulièrement (IRIN, « Cameroun-Tchad : difficiles conditions de vie pour les réfugiés de Maltam », Irinnews, février 2008). Le camp étant éloigné des villes, ils ne peuvent ni travailler, ni acheter de denrées alimentaires et ne sont tributaires, de ce fait, que de l’aide humanitaire.
Par ailleurs, l’absence de protection se pose avec beaucoup d’acuité dans le cas des personnes qui ont fui seules, et qui peuvent se retrouver dans des pays où l’ asile n’est pas garanti. Pour nombre d’entre elles, les conditions de séjour dans le pays sont relativement limitées, les livrant au bon vouloir de cet Etat qui peut à tout moment les refouler vers leur pays d’origine. De même, la question de leur prise en charge sanitaire et sociale pose problème. Dans des pays pauvres et instables, les réfugiés sont victimes de stigmatisations très fortes, voire de persécutions de la part des nationaux et des autorités, car ils sont perçus comme un poids pour la société d’accueil.


