Flux rss actualités
Partager : Google+ Facebook Twitter del.icio.us

Aux portes de l’Union européenne, violences et rackets des mafias à l’encontre des migrants dans les Balkans

Le 10 juillet 2015, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) indiquait lors d’une conférence de presse que 77 100 personnes étaient arrivées sur les îles grecques depuis le début de l’année, soit environ 1000 personnes chaque jour. 70% d’entre elles sont des Syriens. La Grèce, asphyxiée économiquement, ne peut plus faire face à l’accueil de ces personnes, et pour la majorité d’entre elles, leur route se poursuivra via les Balkans : ex-République yougoslave de Macédoine (ARYM), puis Serbie. Ce parcours, peu emprunté jusqu’à l’année dernière, semble aujourd’hui constituer la principale route migratoire pour les personnes arrivées en Grèce et souhaitant rejoindre d’autres pays européens.

Les demandes d’asile dans ces pays de transit se sont ainsi fortement accrues, mais les capacités d’accueil n’ont pas suivi. En juin 2015, les passages à la frontière depuis la Grèce vers la Macédoine et la Serbie ont augmenté de 200 à 1 000 par jour. La situation s’est tendue autour du 20 août 2015 lorsque la Macédoine a décidé de fermer ses frontières et d’empêcher les migrants de passer, suscitant une inquiétude du HCR (voir le communiqué du 21 août 2015 ). Bien que la Macédoine ait finalement renoncé à bloquer le passage des réfugiés, les obstacles pour accéder légalement à l’Europe poussent souvent les migrants entre les mains des passeurs.

 

En effet, de nombreux groupes criminels et mafieux se disputent les bénéfices d’un trafic juteux. Depuis Athènes, des passeurs proposeraient un trajet incluant plusieurs passages de frontière dont le coût s’élèverait à plusieurs milliers d’euros. En échange, ils promettent un passage sûr sans contrôles, mais aussi une protection. De plus en plus de migrants dénoncent les rackets et les violences qu’ils subissent, commis par les passeurs, durant un trajet long et éprouvant : le voyage se fait la plupart du temps à pied.  

 

En réponse à ces arrivées constantes, la Hongrie a choisi sa réponse : des discours de plus en plus alarmistes et xénophobes, et la construction d’une « clôture anti-migrants ». Le chantier a débuté mi-juillet, et devrait fermer 175 km de la frontière avec la Serbie. En attendant, un camp précaire et improvisé s’est créé à Subotica, dernière ville serbe avant la Hongrie. Encore une fois, les migrants n’y font pas ce qu’ils veulent : les trafiquants ont pris le contrôle. Les extorsions sont régulières, et les conditions de vie y sont déplorables.

 

Pour le HCR (voir le résumé de la conférence de presse du 10 juillet), « il faut faire davantage pour augmenter les itinéraires sûrs et légaux » pour ces personnes qui relèvent très souvent du droit d’asile : en 2014, les Syriens et les Afghans, parmi les plus nombreux à emprunter cette route, ont été parmi les nationalités dont le taux d’accord global pour une demande de protection internationale a été le plus élevé.

 

Newsletter Forum réfugiés-Cosi n°9 - juillet/août 2015