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En 2016, une baisse des arrivées en Europe des personnes en besoin de protection internationale

En 2016, 1 204 300 personnes ont introduit pour la première fois une demande de protection internationale dans les États membres de l’Union européenne (UE), un chiffre en baisse de 4% par rapport à 2015 (1 257 000 primo-demandeurs d’asile enregistrés) mais près du double de celui de 2014 (562 700).

Les données d’Eurostat montrent qu’avec 722 300 primo-demandeurs enregistrés en 2016, l'Allemagne a reçu 60% de l'ensemble des premières demandes d'asile dans les États membres de l’UE. Suivent l'Italie (121 200, soit 10%) et la France (76 000, soit 6%) - passée de la 5ème position en 2015 à la 3ème position (sur l’asile en France en 2016, voir notre article de newsletter de janvier 2017 ). En 2015, l’Allemagne comptait déjà la part la plus importante de demandeurs d’asile de l’UE (35% et 441 800 demandes), mais elle était suivie de la Hongrie avec 13,4% des demandes enregistrées et de la Suède avec 12,3%. Le nombre de demandes enregistrées dans ces deux pays a très fortement baissé : la Hongrie qui est passé de 174 435 demandes en 2015 à 28 215 en 2016 (-84%), et la Suède de 156 110 demandes en 2015 à 22 330 en 2016 (-86%). L’Autriche, passée de la 4ème à la 5ème place (39 860 demandes), enregistre aussi une baisse importante des demandes (-53%).

 

Les mesures restrictives adoptées dans ces trois pays peuvent expliquer ces fortes baisses. En Hongrie, le cadre législatif relatif à l’asile s’est fortement durci depuis l’été 2015 et ce mouvement se poursuit avec l’adoption récente de dispositions qui rendent systématique l’enfermement des demandeurs d’asile ( voir notre article sur ce thème ). En Suède, une nouvelle loi entrée en vigueur le 20 juillet 2016 limite l’accès à la réunification familiale et restreint à trois ans le permis de séjour accordé aux réfugiés. En Autriche enfin, une loi « d’état d’urgence migratoire » adoptée le 27 avril 2016 instaure notamment un quota de 37 500 demandes d’asile par an, en contradiction avec les engagements internationaux et européens du pays.

 

Si les chiffres concernant l’Allemagne laissent apparaître une forte augmentation du nombre de primo-demandeurs d’asile par rapport à 2015 (+63%), ils ne correspondent pas à une hausse des arrivées. Le rapport AIDA sur l’Allemagne explique en effet que les demandes d’asile de nombreuses personnes arrivées en 2015 n’ont été enregistrées qu’en 2016, le Ministère fédéral de l’intérieur estimant à 890 000 le nombre de demandeurs d’asile arrivés sur le territoire en 2015 contre 280 000 en 2016. Le nombre de demandes d’asile nouvellement enregistrées dans l’ensemble de l’UE étant à 60% composé de celles de l’Allemagne, le décalage d’enregistrement dans ce pays masquerait donc une baisse importante des arrivées de demandeurs d’asile dans l’ensemble de l’UE.

 

Alors que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé le 30 mars 2017 que le cap des 5 millions de réfugiés syriens avait été atteint, le nombre de demandeurs d’asile originaires de ce pays a baissé de 9% dans l’Union européenne (UE) entre 2015 et 2016. Cette évolution s’explique en partie par la mise en œuvre de la déclaration entre l’UE et la Turquie signée le 16 mars 2016, qui a fortement restreint l’accès à l’asile en Europe pour les Syriens (voir notre article de newsletter de décembre 2016 ).

 

En proportion de la population de chaque État membre, le nombre le plus élevé de primo-demandeurs en 2016 a été enregistré en Allemagne (8 789 primo-demandeurs d’asile par million d’habitants), devant la Grèce (4 625) et l'Autriche (4 587). En 2015, le trio de tête était composé de la Hongrie, la Suède et l’Autriche. La France arrive en 11ème position avec 1 138 primo-demandeurs d’asile par million d’habitant, alors qu’elle se situait à la 14ème position en 2015 (1 063 primo-demandeurs par million d’habitants). Au total, l’Union Européenne compte 2 360 primo-demandeurs d’asile par million d’habitants (contre 2 470 en 2015), le nombre de demandeurs d’asile nouvellement arrivés dans l’UE en 2016 représentant 0,2 % de sa population.

 

Les Syriens(334 800 primo-demandeurs d’asile), les Afghans(183 000) et lesIrakiens(127 000) étaient encore en 2016 les trois principales nationalités des personnes sollicitant une protection internationale dans les États membres de l’UE, représentant un peu plus de la moitié de l’ensemble des primo-demandeurs d’asile. 

 

En 2016, 1,1 million de décisions en première instance ont été rendues, dont 61% ont conduit à l’octroi du statut de réfugié (366 000 personnes), d’une protection subsidiaire (258 000 personnes) ou d’une autorisation de séjour pour raisons humanitaires (48 000 personnes). Ce taux de protection en première instance s’élevait à 52% en 2015.

 

À la fin de l'année 2016, 1 094 100 personnes avaient introduit une demande d’asile qui était toujours en cours d’examen par l’autorité nationale compétente, principalement en Allemagne (55% du total de l’UE), en Italie (9%) et en Suède (8%).

 

Newsletter Forum réfugiés-Cosi n°27 - mars 2017