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L’impact des nouveaux dispositifs de formation sur le programme Accelair

Dans le programme Accelair géré par Forum réfugiés-Cosi dans le Rhône, plus de 80% des personnes accompagnées ne sont pas francophones. L’enjeu de l’apprentissage linguistique est donc primordial pour permettre une insertion professionnelle réussie.

Une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) parue en 2016 (voir notre article de Newsletter de février 2016 ) pointe également cet aspect  comme l’un des plus importants dans la réussite de l’intégration des « migrants humanitaires ». L’OCDE va même plus loin en précisant que cette formation doit être précoce c’est-à-dire dispensée dès le début de la demande d’asile. En France, la formation en français langue étrangère (FLE) n’intervient - hormis les formations parfois proposées par des bénévoles dans les lieux d’hébergement- qu’une fois la protection obtenue. L’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) est en charge de proposer 50, 100 ou 200 heures de formation initiale aux signataires du contrat d’intégration républicaine (CIR) qu’un étranger bénéficiaire d’une protection internationale doit signer.

 

Des efforts en faveur de la formation

 

Au niveau national depuis fin octobre 2016 cette première formation peut être poursuivie, sous certaines conditions, par deux autres formations de 100 puis de 50 heures. Cette possibilité nouvelle est une avancée très positive pour les réfugiés, bien que  ce volume horaire reste encore insuffisant pour atteindre le niveau de français exigé par de nombreux employeurs ou pour permettre une reprise d’études.

 

Par ailleurs, en février 2016, le président de la République a lancé une vaste campagne de financement de formations professionnelles à travers le « Plan 500 000 formations » dont l’objectif est de porter à un million d’ici fin 2016, le nombre de formations à destination des personnes en recherche d’emploi et notamment pour les personnes peu qualifiées. En Auvergne Rhône-Alpes, le Pôle emploi est chargé de la mise en œuvre de ce plan.

 

Dans le Rhône, des résultats encourageants

 

Dans le Rhône, dès juillet, l’ensemble des référents emploi du programme Accelair ont saisi cette opportunité en recensant l’ensemble des besoins de formation. Puis en partenariat avec Pôle emploi, différents organismes de formation ont été sollicités afin que des formations (de 300 heures en moyenne) soient proposées, au plus près des besoins identifiés chez les réfugiés accompagnés.

 

Ainsi, six sessions de formation proposeront un apprentissage linguistique articulé autour de la construction d’un projet professionnel, et quatre autres sessions permettront aux personnes d’acquérir des compétences techniques et linguistiques dans les métiers de la restauration, du bâtiment, du nettoyage. Certains réfugiés reprendront des études d’ingénieur tout en ayant un appui linguistique sur les termes et concepts. D’autres enfin pourront intégrer des formations professionnelles sans FLE en fonction de leurs souhaits et capacités d’intégration sur le marché du travail.

 

Les efforts fournis par les différentes associations et collectivités ont des conséquences extrêmement positive dans le cadre du programme Accelair : les taux de retour à l’emploi suite à une formation (notamment les formations ‘Français langues étrangères-Métier’) peuvent atteindre jusqu’à 80% dans les trois mois suivants la fin de la formation.

 

L’investissement actuel de l’Etat en faveur de la formation –qui offre de réelles opportunités aux réfugiés- est inédit mais limité dans le temps. La programmation de formations professionnelles pour l’année 2017 reste pour l’instant inconnue. Les acteurs de l’intégration sont donc en attente de réponses pour l’année à venir.