Flux rss actualités
Partager : Google+ Facebook Twitter del.icio.us

La Rencontre, récit d’une demandeuse d’asile

Demandeuse d’asile hébergée par Forum réfugiés-Cosi, « Bliss des Grands Lacs » a souhaité partager ses impressions et son ressenti sur son arrivée en France et la confrontation à une nouvelle culture à travers un récit sur le thème de « la rencontre ».

Il y a toujours une première fois pour tout : essayer de nouvelles choses, aller dans un nouvel endroit ou rencontrer de nouvelles personnes. Tout cela est accompagné de nombreuses espérances ou appréhensions, mais quand vous décidez de franchir le pas de la découverte, alors vous êtes pleinement prêt pour la Rencontre.

 

Quand je suis arrivée ici, j’imaginais ce pays tel un paradis sur Terre. Plus beau que Dubaï où j’avais habité. Partout dans le monde on pense la même chose que moi, car c’est l’Europe. Mais tout était très différent : des bâtiments aux voitures sur les routes, des gens autour de moi aux cultures autour de moi, de la langue parlée à la façon dont les gens s’habillaient. Il y avait de bonnes choses dans ce pays que je n’avais pas vues ailleurs dans les endroits où j’avais vécu, mais aussi certaines choses moins bonnes… Cependant, tant que le positif surpasse le négatif, cela me va ! Rien n’est jamais parfait dans la vie, c’est ainsi.

 

Le premier contact que j’ai eu avec un étranger se passa bien. J’avais peur de parler à quiconque parce que tout le monde dans la rue semblait trop occupé pour faire attention à moi. J’étais inquiète et triste, je commençais même à perdre espoir en ces gens qui habitaient ce pays jusqu’à ce qu’une personne m’approche. Au départ, j’étais soulagée que quelqu’un vienne me parler mais au fond de moi, je doutais de ses intentions. Au final tout rentra dans l’ordre car il m’expliqua les endroits où je pouvais aller. Après des semaines passées dans la rue, je rencontrais une autre personne qui m’approcha. Elle se soucia de ma situation et m’offrit un toit. La façon dont les gens se comportaient dans la rue m’avait fait perdre espoir mais l’aide que j’ai eue de la part de ces deux personnes m’a redonné la foi en les gens. Elles m’ont expliqué que tous les réfugiés arrivant en France passaient par les mêmes épreuves, cela a rendu ma situation plus acceptable à mes yeux et j’étais déterminée à endurer tout cela comme les autres.

 

J’ai été très étonnée par ce pays cosmopolite. Je me suis dis que cette nation était ouverte à tous et cela m’a rendue heureuse de me dire que moi aussi, un jour, je ferai partie de tous ces gens différents. Cela m’a pris du temps pour m’habituer à ce que l’on m’appelle par mon nom de famille et que l’on me donne le titre de « Madame ». J’en étais heureuse car je me suis rendue compte que les gens étaient respectueux. J’applaudis la culture de la courtoisie. Cela m’a aussi rendue admirative. Même si, bien sûr, tout cela ne peut pas garantir le bon caractère de tous les individus.

 

J’étais aussi sidérée par le climat. Je suis arrivée l’été et il m’a fallu du temps pour m’habituer à ce que le soleil se couche à 21 heures le soir et qu’en hiver, il fasse encore noir à 9 heures du matin. J’ai vu la neige pour la première fois ici et c’était incroyable ! La façon de s’habiller était un peu différente aussi parce qu’ici chacun s’habille comme il veut, personne ne semble remarquer quoi que soit. Les gens s’habillent suivant le temps : moins quand il fait chaud et plus quand il fait froid.

 

Si dans les premiers temps, me nourrir était difficile, j’ai été soulagée par la suite de pouvoir manger à ma faim dans ce pays, grâce aux associations d’aide alimentaire.  Ici, la nourriture est un mélange de nourritures du monde. En effet, pour ceux qui accèdent à l’hébergement et quelque soit la nationalité, chacun peut trouver des aliments familiers de son pays à la condition de connaitre les lieux pour acheter les produits. La nourriture est un repère rassurant quand on est loin de chez soi.

 

Pour terminer je dirais que pour toute Rencontre quelle qu’elle soit, que les premières impressions soient bonnes ou mauvaises, l’important est de garder en tête que tout est possible. A chaque fois que les choses ne se déroulent pas comme prévu, il faut toujours essayer de peser le pour et le contre et de décider en conséquence. Il est important de ne pas trop espérer et de vivre le moment présent, après tout, nous sommes tous des êtres humains, nous vivons la même vie dans des endroits différents, à travers des cultures différentes, mais les règles sont les mêmes. Vivez votre vie en faisant le bien, en aidant les autres autant que vous pouvez car vous ne savez jamais si un jour vous n’aurez pas besoin d’être aidé à votre tour.»