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Réfugiés refoulés par la Grèce : un rapport de Pro Asyl

L’association allemande Pro-Asyl a publié le 7 novembre un rapport sur les entraves à l’accès au territoire de l’UE et sur des refoulements ayant eu lieu aux frontières terrestres et maritimes de la Grèce (mer Egée et frontière terrestre avec la Turquie). Ce rapport décrit et analyse les conséquences de la fermeture de la frontière terrestre dans la région d'Evros en août 2012, fermeture qui a conduit à une déviation des itinéraires des migrants vers la mer Egée.

L’enquête de l’association est basée sur 90 entretiens réalisés en 2013 avec des personnes qui avaient essayé de franchir la frontière et qui ont été repoussées illégalement. Elles provenaient de Syrie (49), d’Afghanistan (32), de Somalie (5)  et d’Érythrée (4) : on peut supposer qu’elles étaient en besoin de protection internationale. Parmi elles se trouvaient trois femmes enceintes, cinq mineurs non accompagnés et trois personnes âgées.

 

Pro Asyl estime que 2.035 personnes environ ont été refoulées lors des incidents signalés dans cette période. Ces refoulements seraient mis en œuvre de façon systématique par les autorités grecques. Les réfugiés seraient repoussés vers la Turquie depuis les eaux territoriales et les îles grecques, y compris depuis l'île militaire de Farmakonisi après avoir été détenus en secret, ou dans la zone d’Evros.

 

Dans de nombreux cas, que ce soit sur les bateaux des gardes-frontière, dans certaines  îles ou dans des lieux de détention informels à Evros, ces réfugiés auraient été arbitrairement détenus pendant plusieurs heures, sans être officiellement enregistrés, sans accès au monde extérieur et sans eau ni nourriture. La majorité des personnes interrogées ont affirmé qu'elles avaient été maltraitées. En mer Egée, dans presque tous les cas, les officiers impliqués dans les opérations de refoulement portaient des uniformes noirs, des armes et étaient encagoulés. Dans le cas des personnes qui ont été renvoyées depuis l'île de Farmakonisi, la gravité des mauvais traitements rapportés par neuf réfugiés syriens pourrait s'apparenter à de la torture.

 

Le représentant régional pour l'Europe du Sud du Haut Commissariat pour les réfugiés, M. Laurens Jolles, a déclaré le 12 novembre que le HCR était préoccupé par les informations collectées par Pro Asyl, qui corroborent celles que le HCR a reçues directement. Le HCR a rappelé à cette occasion que toutes les pratiques empêchant des demandeurs d’asile d’accéder au territoire européen doivent cesser immédiatement. Selon le HCR, les accusations de mauvais traitements et les allégations de pratiques mettant des vies en danger exigent une enquête exhaustive et une réponse rapide de la part des autorités grecques, qui ont pour l’heure nié l’existence de ces pratiques.