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Réinstallation des Syriens : quelle mobilisation des États en 2015 ?

Depuis le 15 mars 2011, plus de 3,3 millions de Syriens ont fui leur pays vers les pays voisins. En 2015, 30 % des dossiers de demande de réinstallation soumis aux Etats par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) concernent des Syriens. Au total, 10 % des réfugiés syriens ont besoin d’être réinstallés.

Face aux arrivées massives de Syriens, les pays de premier accueil ont peu à peu durci les conditions d’entrée sur leur territoire, via l’instauration de visas et/ou un contrôle accru aux frontières, qui pèsent principalement sur les personnes ayant laissé leurs documents d’identité derrière elles.
Comme le précise Antonio Gutierres, Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés : « Assurer un refuge pour les personnes vulnérables qui fuient la guerre est d'une importance vitale pour les personnes touchées, mais c'est aussi une preuve importante de solidarité envers les pays de la région qui accueillent des millions de Syriens ».
La réinstallation comme les autres formes d’admission, notamment humanitaire, sont des outils décisifs pour assurer la protection des plus vulnérables et leur proposer des solutions à long terme, en même temps qu’ils permettent de « libérer » un espace de protection pour les personnes qui continuent de fuir le conflit. Ce sont aussi des alternatives aux voies illégales et souvent périlleuses d’accès aux territoires de refuge.  En 2014, le HCR a ainsi été informé de 3 419 décès en Méditerranée, « itinéraire le plus meurtrier de tous ».

 

Entre octobre 2013 et le 27 novembre 2014, 25 pays ont annoncé la création de programmes spécifiques ou l’ouverture de nouvelles places de réinstallation à destination des réfugiés syriens, pour un total de 43 528 places, auxquelles s’ajoutent les programmes dépourvus de quotas de l’Argentine, du Brésil, du Royaume-Uni et des États-Unis d’Amérique. D’autres initiatives en Suisse, en Irlande et en France ont permis la délivrance de plus de 5 000 visas supplémentaires.
En octobre 2013, la France s’est engagée à accueillir 500 réfugiés syriens en 2014 dans le cadre d’un programme de réinstallation et d’admission humanitaire d’urgence et à la faveur de trois missions de sélection en Égypte, en Jordanie et au Liban. Considérant l’opération comme un succès, le gouvernement français s’est engagé à la renouveler en 2015 pour 500 nouveaux réfugiés syriens.

 

Au regard de l’ampleur des besoins – le HCR avait lancé en octobre 2013 et en février 2014 des appels pour que soient accueillis 130 000 réfugiés syriens parmi les plus vulnérables d’ici fin 2016 –, la réponse de la communauté internationale, et notamment des pays européens, reste insuffisante.

 

Le 9 décembre 2014, les représentants des gouvernements de pays occidentaux se sont réunis à Genève à l’initiative du HCR. L’engagement a été pris par les États d’offrir 38 000 places supplémentaires au cours des prochains mois, en plus des 62 000 admissions déjà promises, soit un total de 100 000 places. « Aujourd’hui, 28 pays ont exprimé leur solidarité avec les réfugiés syriens, mais aussi avec les cinq pays qui les accueillent – Liban, Jordanie, Turquie, Irak et Égypte – en offrant près de 100 000 possibilités de réinstallation et d’admission humanitaire », s’est ainsi félicité le Haut commissaire Antonio Guterres.

 

Si ce nouvel engagement mérite d’être salué, il reste très en-deçà des besoins réels, et sans commune mesure avec l’effort consenti par les pays limitrophes. C’est ainsi que le Liban, qui a limité aux cas humanitaires l’admission à ses frontières en octobre dernier, accueille plus d’1 million de réfugiés syriens, soit l’équivalent du quart de sa population.

 

Newsletter Forum réfugiés-Cosi n°2 - décembre 2014