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Ukraine : la situation continue de se dégrader

En cette fin d’année 2015, l’Ukraine est sortie de l’agenda médiatique. Pourtant, les affrontements entre rebelles séparatistes et l’armée ukrainienne continuent de faire des victimes, civiles ou non. La situation humanitaire est également dramatique. En conséquence, les demandeurs d’asile originaires de ce pays sont de plus en plus nombreux dans l’Union européenne. 

Des élections locales étaient organisées dans tout le pays le 25 octobre 2015, excepté dans les territoires contrôlés à l’est par les rebelles séparatistes. Lassés par l’impasse du conflit, les Ukrainiens ont largement boudé les urnes. Selon la Commission électorale centrale, seuls 46,5% des électeurs se sont exprimés. Dans certaines villes, les irrégularités ont été constatées en nombre. A Marioupol, les élections ont été annulées. Les cafouillages et le peu d’intérêt suscité par ces élections sont le révélateur d’une situation loin d’être réglée. En République populaire autoproclamée de Louhansk et en République populaire autoproclamée de Donetsk, ces élections n’avaient bien sûr pas lieu. Elles prévoient d’organiser leurs propres élections dans les semaines qui viennent.

 

Le 1er septembre 2015, une nouvelle trêve a été signée entre Kiev et les autorités auto-proclamées des territoires séparatistes. Malgré cela, des affrontements persistent. Cinq soldats ukrainiens ont été tués entre le 13 et le 14 novembre. Pour les civils, la situation humanitaire ne fait qu’empirer. Le 23 octobre, Médecins du Monde se voyait interdire l’accès aux territoires séparatistes. Selon l’ONG, les besoins médicaux sont pourtant toujours urgents, d’un côté et de l’autre du front, tant pour les habitants que pour les personnes déplacées. Les médicaments, y compris pour les traitements les plus lourds, manquent terriblement dans les zones rebelles, et aux alentours. Des milliers d’habitants vivent dans des conditions insalubres, sans accès aux denrées de première nécessité et sans possibilité de réhabiliter leur logement. Le Comité international de la Croix-Rouge et l’ONG People in Need sont aujourd’hui les deux seules organisations à avoir l’autorisation d’intervenir.

 

Les distributeurs d’argent et les banques ne sont plus fonctionnels dans les zones contrôlées par les séparatistes. Les produits de première nécessité manquent, ou sont trop chers pour une grande partie de la population. Nombreuses sont donc les personnes à devoir passer la « frontière » régulièrement, chaque mois, pour s’approvisionner, sans pouvoir y rester par manque de moyens. Les prix entre les deux parties du territoire vont du simple au triple. Les check-points sont difficiles à passer en raison de la corruption des agents en charge du contrôle, mais aussi en raison de l’insécurité.

 

Par ailleurs, les violations du droit international des droits l’homme et du droit international humanitaire restent récurrentes. Selon un rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et du Centre pour les libertés civiques (CCL) les forces armées des territoires séparatistes viseraient spécifiquement les civils dans des attaques. Des arrestations et détentions arbitraires, des cas d’assassinat, de torture et de mauvais traitements, de la part de toutes les parties au conflit, sont également rapportés. L’absence d’organes indépendants pouvant enquêter rend impossible toute enquête sur ces allégations de violations des droits humains. Les populations civiles sont ainsi prises au piège dans un conflit où l’impunité est la règle. La sécurité des journalistes n’est par ailleurs pas assurée dans les zones séparatistes.

 

Cette situation entraîne des déplacements de population, et les Ukrainiens sont de plus en plus nombreux à chercher une protection en Europe. Sur les dix premiers mois de l’année, 15 789 demandes d’asile de personnes originaires d’Ukraine avaient été enregistrées dans l’Union européenne contre 14 050 sur l’ensemble de l’année 2014.

 

Newsletter de Forum réfugiés-Cosi n°12 - novembre 2015