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Yémen : l’accueil des réfugiés dans un contexte de guerre

Le Yémen, du fait de la proximité géographique avec la corne d’Afrique a été longtemps une terre d’accueil pour les personnes fuyant les persécutions dans leur pays d’origine. Malgré le conflit qui dure depuis près de trois ans et la crise humanitaire qui en découle, il demeure un important pays de transit pour les personnes qui souhaitent se chercher refuge dans les Etats du Golfe.

Le conflit yéménite, débuté en 2014, s’enlise. Les bombardements s’accentuent et la population souffre du blocus aérien et maritime imposé par la coalition internationale menée par l’Arabie saoudite en soutien au régime contre les rebelles Houtis. Selon un rapport des Nations unies de décembre 2017 , sur une population totale de 29,3 millions d’habitants, 22,2 millions de personnes au Yémen ont besoin d'une aide humanitaire ou de protection, dont 11,3 millions de personnes ayant un besoin urgent d'assistance. 17 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire. Plus de trois millions de personnes ont fui leur foyer à cause des conflits, d’autres sont obligés de revenir dans leurs régions d’origine car ils n’ont plus d’abris ou de protection. Un communiqué du HCR de février 2018 explique qu’une recrudescence de violences a provoqué la fuite de 85 000 personnes à l’intérieur du pays en seulement 2 mois. La côte ouest du Yémen continue d'être principale région d’origine des nouveaux déplacements (régions d'al-Hodeïda et de Taëz).  

 

Malgré la famine, la crise sanitaire, la recrudescence des violences du conflit, l’effondrement des services publics et de l’économie, plus de 87 000 migrants et réfugiés ont risqué leur vie en mer en 2017, cherchant à atteindre le Yémen depuis la corne de l'Afrique  (Soudan, Somalie, Erythrée, Djibouti) par bateau.

 

Dans un rapport publié en janvier 2018, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que 5 000 personnes arrivent au Yémen chaque mois depuis la Corne d’Afrique. Certains fuient les conflits en Somalie ou Erythrée, d’autres espèrent atteindre l’Arabie Saoudite ou le Sultanat d’Oman pour trouver du travail. 10% demandent l’asile au Yémen. Au total, le Yémen abrite actuellement plus de 280 000 réfugiés originaires de pays voisins.

 

Après avoir traversé la mer, les migrants sont victimes d’enlèvements, d’extorsion, d’abus physique et de détention arbitraire lors de leur arrivée au Yémen. Selon une étude de l’Organisation internationale pour les migrations publiée en 2017, sur 3 175 entretiens avec des migrants présents au Yémen, 646 ont été victimes d’extorsion d’argent par des contrebandiers et réseaux criminels, 461 ont subis de la maltraitance et de la torture.

 

Les perspectives de protection sont ainsi limitées dans ce pays, tandis que les risques d’exaction sont importants. Certains décident donc de retourner dans leur pays d’origine, encore au péril de leur vie. Le 26 janvier 2018, un bateau transportant 152 migrants somaliens et érythréens a coulé au large du port d’Aden, 30 ont trouvé la mort dans le naufrage. Les autorités somaliennes ont commencé à organiser en septembre 2017 le retour volontaire de réfugiés somaliens, qui représentent 91% des 280 000 réfugiés qui se trouvent au Yémen.