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60ème anniversaire de la Convention de Genève sur les réfugiés : l'impératif de protection demeure intact

Alors que l'on célèbre dans le monde le 60ème anniversaire de la Convention de Genève sur les réfugiés, 8 000 personnes ayant trouvé un refuge précaire au sud de la Méditerranée doivent être accueillies dans des pays de réinstallation. Relayant l'appel lancé par le HCR , Forum réfugiés et la Coordination contre l'exclusion et la xénophobie (StopExclusion) exhortent la Suisse et la France à participer à l’accueil des réfugiés qui fuient la Libye.

Le 28 juillet 1951, quelques années après la seconde guerre mondiale, l’adoption de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés marquait un tournant décisif pour la protection de toute personne qui « craint avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

Soixante ans plus tard, nos organisations appellent les États signataires de ce traité, et en particulier la France et la Suisse, à prendre en compte la situation particulière que connaissent quelques milliers de réfugiés bloqués dans un accueil provisoire dans les pays du Maghreb et du Machrek.

En 2010, 48.074 personnes (mineurs accompagnant inclus) ont demandé l’asile pour la première fois en France, et 15.567 (mineurs accompagnant inclus) en Suisse, tandis que 10.340 personnes faisaient l’objet d’une décision de protection en France et 8.245 en Suisse.
Ces chiffres, qui témoignent de la tradition d’accueil de nos pays en matière d’asile, ne doivent pas cacher des problèmes importants : pour la France, le placement d’un quart des demandes d’asile en procédure prioritaire et l’insuffisance des capacités d’hébergement ; pour la Suisse, 48% en procédure de non-entrée en matière, et le maintien de milliers de demandeurs d’asile au régime de l’aide d’urgence ; en Europe, les dysfonctionnements qui affectent la mise en œuvre du Règlement Dublin, causant un préjudice à de nombreux demandeurs d’asile. Une autre raison d’inquiétude est la lenteur de l’adoption des directives et règlements devant constituer, d’ici la fin de l’année 2012, l’adoption d’un régime d’asile européen commun qui préserve des standards élevés de protection.
Mais au-delà de ces difficultés, on ne peut que s’alarmer de la faible réponse apportée par les pays européens aux appels du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) pour accueillir les 8.000 réfugiés bloqués principalement en Tunisie et en Égypte suite au déclenchement du conflit libyen. Ces deux pays ont largement assuré le premier accueil, accueillant des centaines de milliers de déplacés.
Nous demandons aux pays européens qui ne l’ont pas encore fait, dont la France et la Suisse, de s’engager à accueillir une partie des réfugiés qui attendent leur réinstallation, pour leur permettre, après de très dures épreuves, de reconstruire leur vie.
Soixante ans après le 28 juillet 1951, la Coordination contre l'exclusion et la xénophobie – StopExclusion s'associe à une initiative de Forum réfugiés qui invite, du jeudi 28 au dimanche 31 juillet, à « Marcher sur son 31 » pour rappeler l’impérieuse nécessité de protéger les réfugiés. Un parcours à pied reliera Genève à Lyon, en suivant le même chemin, mais en sens inverse, que celui des Huguenots persécutés voici trois siècles, à une époque où un habitant sur huit à Genève était un réfugié.