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Politique extérieure de l’UE en matière d’asile : développer les voies d’accès légales pour élargir l’espace de protection

Le 23 février 2018, à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union européenne se réuniront pour une réunion informelle et pour une Conférence de haut niveau sur le Sahel. A cette occasion, Forum réfugiés-Cosi rappelle que la coopération avec les pays tiers sur les questions migratoires ne doit pas conduire l’Europe à se décharger de ses responsabilités en matière d’accueil et de protection des personnes en besoin de protection internationale.

Forum réfugiés-Cosi appelle les autorités européennes à honorer leurs engagements internationaux en matière d’accueil et de protection, y compris lorsque les personnes se présentent spontanément aux frontières européennes. Les mesures visant une application systématique et obligatoire des concepts de « pays tiers sûrs » et de « pays de premier asile » dans le droit européen, et l’instruction de demandes d’asile en dehors du territoire européen pour des personnes manifestant leur besoin de protection au sein des Etats membres ou à leurs frontières, doivent être abandonnées.

 

Pour Forum réfugiés-Cosi, il est indispensable d’élargir – et non de déplacer - l’espace de protection en développant les voies d’accès légales. Les autorités européennes doivent accroître le nombre de places allouées à la réinstallation et renforcer ces dispositifs en garantissant des moyens financiers suffisants. D’autres voies d’accès additionnelles doivent par ailleurs être développées pour répondre à ces besoins par le biais de la délivrance de visas humanitaires ou d’étude, l’application de la réunification familiale et le parrainage privé.

 

Il est urgent de remplacer l’approche actuelle de la coopération avec les pays tiers, qui vise à maintenir les personnes en besoin de protection dans ces pays, par une approche protectrice, responsable et durable. L’Union européenne doit rappeler fermement son attachement au droit d’asile et aux droits fondamentaux qui s’y rattachent, tels que garantis par la Convention de Genève de 1951, la Charte des droits fondamentaux de l’UE et la Convention européenne des droits de l’Homme.