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Philippe de Mester, président d’ABC-HLM du Rhône

L’association des bailleurs et constructeurs HLM du Rhône (ABC-HLM du Rhône) est fortement mobilisée autour de l’accès au logement des réfugiés. Une implication qui se traduit par la mise à disposition de logements au bénéfice des ménages réfugiés statutaires, conformément aux engagements pris avec l’État à travers l’accord collectif départemental d’attribution, dont les 25 organismes HLM du Rhône sont signataires.

 

Philippe de Mester, président d’ABC-HLM du Rhône et directeur général de l’OPAC du Rhône revient sur 10 ans de pratiques partenariales, leurs enseignements et les perspectives d’Accelair.

Quel est votre point de vue sur la question du relogement des réfugiés ?

L’accès à un logement est une des premières conditions, avec l’accès à l’emploi, pour permettre l’installation durable des réfugiés sur notre territoire. Le logement social banalisé est l’offre la plus adaptée, dans la plupart des cas, aux capacités financières des ménages.

 

Dans le Rhône, l’ensemble des partenaires a ressenti le besoin de construire une pratique partenariale forte pour accompagner les réfugiés vers le logement autonome dès la fin des années 1990. Ce dispositif partenarial implique maintenant l’ensemble des acteurs de l’accès au logement.

 

Aujourd’hui, le relogement des réfugiés relève d’une obligation règlementaire instaurée par la loi de 2007 . On peut d’ailleurs se féliciter que cette évolution règlementaire se soit appuyée sur l’expérience et les pratiques développées dans le Rhône et que le savoir-faire entre l’ensemble des partenaires se diffuse et soit transféré dans près de 14 départements depuis 2008.

 

Comment jugez-vous les résultats du partenariat avec Accelair ?

Depuis 2002, 4 000 réfugiés ont été relogés dans le cadre du dispositif Accelair. Pour les bailleurs du Rhône, cela correspond à 1 300 baux signés durant cette période, dont 95% dans le cadre des engagements de l’accord collectif départemental d’attribution.

 

Le dispositif Accelair permet aux réfugiés d’accéder à un logement autonome en moins de 10 mois. Le partenariat qui s’opère entre les structures (CPH, CADA) et les bailleurs sociaux, ainsi que l’important travail de pédagogie, d’information et de coordination conduit par Forum Réfugiés et ABC-HLM, permet de proposer aux ménages une solution de logement adaptée en terme de typologie, de niveau de loyer et de localisation. Le faible nombre de logements refusés par les ménages en est la première illustration. Le relogement des réfugiés s’effectue dans plus de 30 communes du département.

 

Plus globalement, il est important de souligner que chaque entrée en logement autonome libère une place d’hébergement dans les structures CPH et CADA qui peuvent dès lors, accueillir les nouveaux arrivants.

 

Quels son , selon vous, les facteurs de réussite du dispositif ?

Le premier facteur de réussite du dispositif repose sur la place accordée aux personnes dans leurs démarches pour favoriser leur implication tout au long du processus, formalisé par le contrat d’engagement. La plus-value d’Accelair repose également sur le double objectif, accès au logement autonome et accès à l’emploi. La solvabilité du ménage est une des conditions de sécurisation de son accès au logement et de son maintien dans le logement autonome.

 

L’implication de l’ensemble des partenaires, dont les 25 bailleurs sociaux du Rhône, qui ont permis en 2009 de proposer des solutions de logements à près de 151 ménages. Pour 2010, le bilan au 3e trimestre, nous permet de penser que la dynamique sera maintenue.

 

Enfin, il ne faut pas négliger le soutient financier de l’Europe depuis 2002, mais également d’ABC-HLM, de l’État et du Grand Lyon.

 

Comment envisagez-vous l’avenir du partenariat avec Accelair ?

Avec près de quatre demandeurs pour un logement social, la tension sur le parc locatif HLM dans le Rhône, et plus encore sur le territoire du Grand Lyon, est importante.

 

À cette demande forte, s’ajoute les objectifs de relogements des ménages prioritaires de la commission DALO, les personnes en structure d’hébergement (CHRS et ALT).

 

Malgré un contexte de tension sur le parc locatif social, l’accès au logement autonome des réfugiés statutaire reste une priorité pour les bailleurs sociaux. Il nous semble important de valoriser les pratiques du dispositif Accelair. C’est ce que nous proposons de faire dans le cadre d’une manifestation à venir.