Réinstallation : en 2027, des besoins qui demeurent élevés
Dans son rapport annuel sur la réinstallation, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime que les besoins pour l’année 2027 concernent 2,4 millions de personnes. Un nombre qui demeure particulièrement élevé, alors que les engagements des principaux pays participant à ces programmes sont en baisse.
La réinstallation consiste à transférer des réfugiés d’un premier pays d’asile vers un pays tiers qui accepte de les admettre en tant que réfugié et de leur accorder un séjour permanent. Ce programme encadré par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) permet d’apporter une protection et une solution durable aux réfugiés dont la vulnérabilité et les besoins spécifiques ne peuvent être pris en charge dans les pays dits « de premier asile » où ils résident.
Chaque année, le HCR publie un rapport évaluant les besoins de réinstallation pour l’année suivante, afin que les États prennent des engagements adaptés en la matière. L’édition 2027 de ce document publiée en juin 2026 détaille ces besoins, par région et par pays d’origine des réfugiés, tout en dressant un bilan des programmes 2025 et en évoquant les défis en cours pour l’année 2026.
Pour l’année 2025, le HCR estimait que 2,9 millions de réfugiés étaient en besoin de réinstallation dont 30% depuis l’Asie et 24% depuis la région Moyen Orient/Afrique du Nord. Cependant seules 37 248 personnes déplacées ont bénéficié de cette solution cette année-là, contre environ 116 000 en 2024.
Les personnes effectivement réinstallées étaient principalement originaires d’Afghanistan (11 467), de Syrie (6 313) et de République démocratique du Congo (4 573). Le Canada est devenu le premier pays d’accueil avec 11 995 réinstallés sur l’année, devant l’Australie (7 253). Les États-Unis passent à la troisième place du classement avec 6 862 réfugiés réinstallés en 2025, suivis par la Nouvelle-Zélande (1 286) et la France (3 056).
Traditionnellement dans les principaux pays de réinstallation au monde, les Etats-Unis ont enregistré leurs niveaux les plus faibles de réinstallation sous les deux mandats de Donald Trump, avec une baisse particulièrement marquée lors du second. La situation s’est particulièrement aggravée avec une décision présidentielle du 30 septembre 2025, qui fixe à 7 500 le plafond d’admission de réfugiés pour l’année fiscale 2026. Ce quota bénéficie principalement aux Afrikaners d’Afrique du Sud, conformément au décret présidentiel n°14204, ainsi qu’à d’autres personnes présentées comme victimes de discriminations illégales ou injustes dans leur pays d’origine. En pratique, entre octobre 2025, le début de l’année fiscale 2026 aux États-Unis, et juillet 2026, 10 258 réfugiés ont été admis sur le territoire américain dans le cadre du programme de réinstallation : tous étaient des Afrikaners, à l’exception de trois réfugiés afghans, ne répondant donc aucunement aux besoins exprimés par le HCR.
Pour 2026, le HCR a estimé que 2,5 millions de personnes avaient un besoin de réinstallation dans le monde. Le rapport précité présente des besoins en très légère baisse, mais toujours particulièrement élevés : en 2027, 2 369 745 réfugiés originaires de 43 pays différents auraient ainsi besoin d’une telle solution l’année prochaine, depuis 76 pays « de premier asile ». L’Afghanistan est le principal pays d’origine des réfugiés ayant besoin d’être réinstallés en 2027, devant le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et la Birmanie.
Si l’évolution de la politique américaine de réinstallation constitue le principal sujet d’inquiétude, le désengagement des États envers cette solution qui participe d’une meilleure répartition des réfugiés dans le monde (alors que les pays en développement accueillent 68% d’entre eux) est aussi notable dans d’autres régions du monde. Dans l’Union européenne, seules 10 220 personnes ont été réinstallées en 2025, soit une baisse de 25,9 % par rapport à 2024. Pour la période 2026-2027, le nombre total de ressortissants de pays tiers ou d'apatrides à admettre sur le territoire des États membres au titre du plan de réinstallation et d'admission humanitaire s'élève à 10 430 personnes dans l’UE. Cela représente une baisse considérable par rapport à l’engagement de 60 735 personnes pour les années 2024 et 2025.
Le HCR a ainsi regretté lors de la présentation de son rapport sur les besoins 2027 que « dans l’ensemble, l’ampleur des besoins mondiaux prévus en matière de réinstallation continue de dépasser largement les possibilités disponibles », ajoutant qu’« il est urgent et possible d’étendre la réinstallation ».

