" LES DEMANDEURS D'ASILE SONT TOUS DES CLANDESTINS OU DES SANS-PAPIERS "

FAUX !

  • Les demandeurs d’asile sont en situation régulière pendant la durée de la procédure.

Tout étranger présent en France peut faire valoir des motifs de persécution qui l’ont obligé à quitter son pays ou l’empêchent d’y revenir. Pour cela, il enregistre sa demande en préfecture et se trouve ainsi en situation régulière pendant la durée de la procédure. Lorsqu’il obtient une protection, il n’est plus « demandeur d’asile » mais se voit délivrer un document lui permettant de résider régulièrement en France. En cas de rejet de la demande, il devient alors « débouté » mais cela ne fait pas automatiquement de lui un clandestin : il peut en effet solliciter un autre titre de séjour au regard de sa situation (familiale, sanitaire etc.) ou bénéficier d’un délai de départ volontaire pendant lequel il peut organiser son retour.

Source : Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile

 

 

" TOUT LE MONDE CHERCHE À SE RÉFUGIER EN EUROPE "

FAUX !

  • Plus de 8 réfugiés sur 10 vivent dans les pays les moins développés du monde

Les pays considérés comme les moins développés (ou "pays les moins avancés") par l'ONU accueillaient 84% des réfugiés du monde en 2018. Seule l'Allemagne se trouvait dans un top 10 des principaux pays d'accueil composé de la Turqui (3,7 millions de réfugiés), du Pakistan (1,4 million), de l'Ouganda (1,2 million), du Soudan (1 million) ou encore du Liban (1 million). Les personnes forcées de quitter leur pays cherchent généralement refuge dans un pays voisin, avec l'espoir d'un retour rapide. C'est quand ces perspectives de retour s'amenuisent qu'elles envisagent un voyage vers l'Europe. Cette destination est cependant inaccessible pour l'immense majorité des réfugiés : les voies d'accès légales sont très limitées tandis que les arrivées irrégulières sont coûteuses, incertaines et dangereuses.

Source : UNHCR, Global trends - Forced displacement in 2018, JuinSource : UNHCR, Global trends - Forced displacement in 2018, Juin2019

 

 

" LA FRANCE ACCUEILLE PLUS DE DEMANDEURS D'ASILE QUE LES AUTRES PAYS EUROPÉENS "

FAUX !

  • Au regard de sa population, la France n'est que le 7ème pays d'accueil dans l'Union européenne

En 2018, 586 050 personnes ont enregistré une première demande d'asile dans l'un des 28 États membres de l'Union européenne. Avec 111 415 primo-demandeurs, la France était le deuxième pays d'accueil derrière l'Allemagne en 2018. Cependant, lorsque l'ont rapporte le nombre de demandeurs d'asile à la population du pays, un autre classement de l'accueil en Europe apparaît. C'est ainsi Chypre, avec 8 805 primo-demandeurs d'asile par million d'habitant, qui était le principal pays d'accueil en 2018 suivi de la Grèce (6 051), et de Malte (4 276). Avec 1 644 primo-demandeurs d'asile pour un million d'habitant, la France se situe ainsi à la 7ème place dans l'Union européenne.

Source : Eurostat

 

 

" SI ON LES ACCUEILLE, ILS VONT VENIR PLUS NOMBREUX "

FAUX !

  • Aucune étude n’a jamais démontré un quelconque lien entre les conditions d’accueil et les flux migratoires

Bien que la "théorie de l'appel d'air" soit souvent évoquée pour justifier une dégradation des systèmes d'asile en Europe, aucun lien de causalité n'a jamais été établi entre le nombre d'arrivées et les conditions d'accueil. Les déplacements de population, à fortiori quand ils sont causés par des guerres, les violences et les persécutions dans les pays d'origine, sont motivés par d'autres facteurs, souvent très divers. À titre d'exemple, la fin de l'opération italienne Mare Nostrum en 2014, initiée pour sauver des vies en mer, n'a pas eu pour effet de freiner les arrivées mais a augmenté le taux de décès en mer. Les exemples de ce type sont nombreux : les politiques qui cherchent uniquement à décourager les arrivées, plutôt qu'à mieux organiser l'accueil (et les éventuels retours), ont surtout pour effet de causer d'importants dégâts humains.

Source : Sur les arrivées en Méditerranée voir le portail de données en ligne du HCR

 

 

" NOTRE SITUATION ÉCONOMIQUE NE NOUS PERMET PAS D'ACCUEILLIR LES MIGRANTS "

FAUX !

  • L'accueil des étrangers n'a pas d'impact significatif sur l'économie française

Plusieurs études ont tenté de mesurer l'impact de l'immigration sur l'économie. Un rapport de juillet 2019 faisant état des connaissances sur ce sujet conclut qu'"aucun des impacts mesurés sur le marché du travail, sur les finances publiques et sur la croissance n'est de grande ampleur". Les étrangers en france constituent une population très diverse, et l'évaluation des effects spécifiques de l'immigration sur l'économie pose de nombreux défis méthodologiques. Plusieurs éléments suggèrent plutôt un effet positif sur la croissance par habitant. Si l'on s'intéresse spécifiquement aux demandeurs d'asile, une étude à démontré qu'aucun effet négatif sur l'économie n'est observé pendant la demande d'asile et l'effet devient positif au bout de trois à cinq ans, lorsqu'une partie des demandeurs obtient l'asile et rejoint la catégorie des migrants permanents.

Source : France stratégie, L'impact de l'immigration sur le marché du travail, les finances publiques et la croissance, juillet 2019

 

 

" LE DROIT D'ASILE NE S'APPLIQUE PAS AUX PERSONNES ISSUES DE PAYS D'ORIGINE SÛRS "

FAUX !

  • Tout étranger peut solliciter l'asile, et obtenir une protection à ce titre, s'il entre dans les critères légaux.

Une liste de "pays d'origine sûrs" est établie par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Lorsqu'une personne originaire de l'un de ces pays demande l'asile, cette demande ne peut être écartée de ce siimple fait : l'asile est une droit fondamental, qui exige un examen individuel de toute demande. La demande d'un ressortissant de pays d'origine sûr sera cependant examinée plus rapidement à l'OFPRA et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), où les garanties procédurales seront moindres. Ces demandeurs pourront même être éloignés du territoire avant que la CNDA n'ait statué puisqu'ils perdent le droit au maintien sur le territoire dès le rejet de l'OFPRA. Malgré cela, de nombreux demandeurs issus de pays d'origine sûrs obtiennent une protection : 2 685 décisions positives ont été prises en 2018, soit un taux d'accord de 14%.

Source : Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA)

 

 

" TOUS LES DÉBOUTÉS RESTENT EN FRANCE IRRÉGULIÈREMENT "

FAUX !

  • Certains partent, d'autres obtiennent un titre de séjour, et une partie se maintient en situation irrégulière.

Les personnes déboutées de leur demande d'asile se voient généralement notifier une obligation de quitter le territoire français (OQTF), mesure d'éloignement vers leur pays d'origine. Certains déboutés partent pendant le délai de départ volontaire qui leur est accordé, d'autres font l'objet d'un éloignement forcé. Il n'existe pas de données publiques permettant de savoir quelle part de ces décisions est effectivement exécutée. Cela renvoie à la question de l'efficacité des politiques d'éloignement, une problématique complexe qui n'est pas prope aux déboutés. Certaines personnes déboutées peuvent aussi régulariser leur situation, parce que leur situation au regard du travail, de la santé, des liens familiaux, leur permet d'entrer dans les critères pour obtenir un titre de séjour.

 

 

" LES MIGRANTS QUI ARRIVENT EN EUROPE SONT TOUS DES HOMMES SEULS "

FAUX !

  • En 2019, les hommes représentaient 53% des arrivées en Europe.

D'après les chiffres du HCR, 96 649 personnes ont été enregistrées à leur arrivée en Europe par l'Espagne, l'Italie, la Grèce, Chypre et Malte, entre janvier et novembre 2019. Parmi elles, 53% étaient des hommes. En février 2016 en Grèce, période de très fortes arrivées ayant amené l'Union européenne à conclure un accord avec la Turquie, les hommes représentaient 38% des entrées, les femmes 22% et les enfants 40%.

Source : UNHCR, Portail de données en ligne