En 2025, une nouvelle baisse des arrivées aux frontières de l’Europe
L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne, Frontex, et les organes onusiens (OIM et HCR) ont noté une baisse des arrivées en Europe en 2025, faisant suite à une précédente baisse en 2024. Le nombre de morts en Méditerranée en 2025 reste cependant préoccupant.
Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne (UE), a recensé environ 178 00 tentatives d’entrées irrégulières sur le territoire de l’Union européenne (UE) en 2025 aux frontières extérieures de l’UE (il est à noter qu’une personne peut passer plusieurs fois une frontière; le chiffre ne reflète donc pas un nombre de personnes mais de tentatives d’entrée). Cela représente une baisse de 26% par rapport à 2024, et la deuxième année de baisse après les hausses de 2021, 2022 et 2023. Ce chiffre représente moins de la moitié du total enregistré en 2023 et constitue le niveau le plus bas depuis 2021.
Néanmoins, Frontex souligne que la situation aux frontières de l’Europe reste incertaine. Les flux migratoires peuvent se déplacer rapidement d’une route à l’autre, sous l’influence des conflits et des réseaux de passeurs. L’agence souligne également que la coopération avec les pays d'origine et de transit en clé. Il est toutefois nécessaire de souligner que l’UE n’accueille qu’une part minime des exilés dans le monde. 71% des réfugiés étant accueillis dans des pays à revenu faible ou intermédiaire d’après le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
En 2025, la Méditerranée centrale est restée la principale voie migratoire vers l'UE, avec des niveaux de détection globalement similaires à ceux de 2024. Les départs depuis la Libye sont restés un facteur déterminant dans les flux vers l'Italie.
Sur la route de la Méditerranée orientale, le nombre de détections a globalement diminué, poursuivant ainsi une tendance à la baisse. Au sein de cette route, un corridor s'est toutefois particulièrement démarqué : les traversées depuis l'est de la Libye vers l'île de Crète ont plus que triplé.
C'est sur la route de l'Afrique de l'Ouest que les baisses ont été les plus marquées, avec une diminution d'environ deux tiers du nombre de détections, due à une forte baisse des départs depuis la Mauritanie, le Maroc et le Sénégal.
Sur la route des Balkans occidentaux, le nombre de personnes détectées a également baissé de manière significative, « grâce au renforcement des mesures de sécurité et à une coopération étroite des autorités de Bosnie-Herzégovine avec Frontex ».
Parallèlement, la Méditerranée occidentale a enregistré une augmentation du nombre de personnes comptabilisées, principalement liée à une hausse des départs depuis l’Algérie.
Le nombre de tentatives de passage vers le Royaume-Uni par la Manche, qu'il s'agisse de personnes ayant réussi à atteindre le Royaume-Uni ou de celles qui ont été empêchées de partir, est resté globalement similaire à celui de 2024 (environ 66 000).
Sur l'ensemble des itinéraires, les pays d’origine les plus fréquemment recensées en 2025 étaient le Bangladesh, l’Egypte et l’Afghanistan.
La Libye est restée le principal pays de départ pour la quasi-totalité des nationalités ayant enregistré une augmentation.
De son côté, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié 158 003 personnes arrivées en Europe en 2025 (contre 208 909 en 2024 et 293 838 en 2023). En 2025, les principaux pays d’origine identifiés par l’OIM étaient également le Bangladesh (24 318 personnes), l’Egypte (17 451) et l’Afghanistan (15 038).
Selon les estimations de l’OIM, au moins 1 878 personnes ont perdu la vie en Méditerranée en 2025, contre 2 573 l'année précédente. Ce chiffre élevé rappelle la nécessité d’ouvrir davantage de voies légales d’accès (voir notamment notre dernier article sur la réinstallation dans l’UE).
Pour sa part, le HCR – qui ne comptabilise que les arrivées vers l’Espagne, l’Italie, Malte, la Grèce et Chypre – a recensé 154 500 arrivées en 2025 (199 400 en 2024).


